France M.

par (Libraire)
1 août 2014

Absolument génial !

India est schizophrène. Pour tenter de comprendre son histoire, elle écrit un récit autobiographique. Car son histoire est étrange : obsédée par un tableau , "La fille qui se noie", elle rencontre par hasard sur le bord de la route une femme qui ressemble trait pour trait au modèle du tableau. Mais l'a-t-elle vraiment rencontrée ? Ou, comme elle le dit, l'a-t-elle rencontrée pour la première fois - deux fois ?
Le récit est perturbant, de par sa forme et la manie que la narratrice a à parfois parler d'elle à la troisième personne au lieu de la première. Par son histoire aussi. Les détails s'accumulent, ne concordent pas entre eux. Qu'est-ce qui est réel, et qu'est-ce qui ne l'est pas ? A quel moment la narratrice tombe-t-elle dans un profond délire ? Et quand on croit toucher du doigt la vérité, quand des éléments concrets semblent confirmer une théorie ou une autre, voilà que le fantastique s'immisce à nouveau dans le récit...
On ne peut pas se fier à la narratrice, et c'est peut-être tout ce qui fait le charme fou de ce roman : des éléments concrets et fantastiques qui s'entrechoquent, un livre qui oscille entre imaginaire, réel, atmosphère onirique et folie pure. Prenant jusqu'à la fin : un tour de maître qui mérite d'être découvert.

De la gouttière

10,70
par (Libraire)
23 mai 2014

Dans une ville touchée par l'étrange mal qu'est la "rabougrite", Barnabé est le seul qui résiste à la maladie. Il possède d'ailleurs le dernier spécimen de "bouquinier", un arbre où poussent des livres. Peut-être pourra-t-il, grâce à lui, guérir la vile ?

L'ouvrage est tout d'abord destiné aux enfants, mais n'importe quel adulte aimant un tant soit peu la lecture peut également l'apprécier. Dans Kirouek, les livres sont les seuls à pouvoir, littéralement, apporter un peu de couleurs à la ville. Les dessins sont soignés, les personnages expressifs, et les contrastes entre la ville grise et le monde coloré de Barnabé sont très bien rendus.

Un conte simple mais plein de charme, une véritable ode à la lecture qui en ravira plus d'un.

par (Libraire)
22 avril 2014

Parce qu'il est le premier homme à vouloir mesurer le temps, Dor s'attire le courroux des Dieux et est emprisonné dans une caverne durant 600 ans. Puis on lui demande de secourir deux personnes : Sarah, souffre-douleur de son lycée qui désire mettre fin à ses jours, et Victor, homme d'affaire richissime qui rêve d'accéder à l'immortalité. Deux êtres que tout oppose, que ce soit leur vie ou leur notion du temps (« l'un veut trop de temps, l'autre pas assez »). Dor, pour les sauver et se sauver lui-même, doit leur apprendre la vraie valeur du temps.
Les deux personnages principaux que sont Sarah et Victor n'ont rien de héros, n'ont pas de super-pouvoirs, ni ne doivent sauver le monde. Ce sont des êtres humains simples, confrontés aux problèmes de la vie (le rejet, la maladie) et auxquels on n'aura aucun mal à s'identifier. Si Dor peut paraître vaguement moins humain, il n'en a pas moins une histoire et un passé qui le rendent attachant. Et malgré la simplicité (volontaire) du style, les sujets abordés sont profonds, les réflexions soulevées par l'ouvrage nombreuses. Mitch Albom nous présente ici un véritable conte moderne, revisite certains mythes classiques (la tour de Babel) ou modernes (la cryogénisation, l'immortalité) et nous fait inévitablement nous interroger sur notre propre rapport, non seulement au temps, mais aussi à la vie.
Un livre plein de charme et de poésie.

par (Libraire)
16 avril 2014

1841, Washington. Solomon Northup, né homme libre et joueur de violon émérite, se voit proposer un emploi dans un cirque ambulant. Il ne verra jamais le cirque : il est bientôt drogué, enlevé, et forcé de se présenter comme un esclave de naissance pendant les douze années qui précèderont sa libération quasi-miraculeuse.
Solomon suivra trois maîtres, dont Epps, le plus cruel, avec qui il restera dix ans. Ce n'est pas uniquement son histoire qu'il nous raconte, puisqu'il n'hésite pas à s'attarder davantage sur les autres esclaves que sur lui-même. On pense notamment à Patsey, victime de la jalousie de sa maîtresse et de la luxure de son maître, et dont le traitement cruel est le point d'orgue du livre comme du film éponyme. L'auteur s'attarde aussi sur les conditions de vie des esclaves : leur rythme de vie, leurs chants, et même deux chapitres entiers consacrés à la culture de la canne à sucre et du coton.
Témoignage précieux, poignant, mais aussi étonnant de par sa forme : le narrateur prend une certaine distance avec son histoire, et il ne faut pas s'attendre à un récit parfaitement écrit. Solomon Northup a clairement voulu que le lecteur se fasse sa propre opinion de l'histoire, certains points n'ayant pas été expliqués lors de la rédaction. On peut toutefois regretter l'absence d'un épilogue sur la fin de vie de Solomon Northup : quatre ans après sa libération, il disparaîtra sans laisser de traces...