France M.

T.01 - Le Livre des Terres Bannies

Leha

25,00
Conseillé par (Libraire)
26 août 2022

Malice est le premier tome d’une tétralogie à succès écrite par l’auteur John Gwynne – et c’est, qui plus est, son premier roman. Un fort épais petit roman (640 pages) qui, de par son résumé, ne paye tout d’abord pas de mine : il y est question d’une prophétie apocalyptique, de l’arrivée de deux élus, l’un représentant le bien, l’autre le mal, et tout un jeu politique se met en place autour de ces évènements que certains craignent pendant que d’autres y voient un moyen de conforter leur pouvoir.
Classique, pensez-vous ? C’est vrai, mais John Gwynne fait de tout ces éléments un récit diablement efficace.

L’histoire s’étale sur plusieurs années et s’articule, à l’instar d’un Game of Thrones, autour de différents personnages dont les points de vue alternent au travers de chapitres assez courts. On retiendra surtout Kastell, neveu du roi Romar, qui tente de fuir la cour et son cousin Jael avec qui l’entente n’est pas vraiment de mise ; Veradis, jeune combattant qui se retrouve enrôlé dans l’armée du prince Nathair, fils du Haut-Roi Aquilus ; et Corban, jeune garçon qui va vivre son apprentissage de guerrier, mais aussi d’adulte. Tous vont être concernés de près par les changements et la prophétie qui affectent le royaume.

La force de John Gwynne réside sans doute dans sa capacité à créer des personnages sacrément crédibles et mémorables. Votre aimable chroniqueuse a clairement une préférence pour Corban, tout d’abord attachant dans son innocence et dont l’évolution, à travers son parcours initiatique parsemé d’épreuves (que ce soit son apprentissage de guerrier mais aussi ses rixes avec l’insupportable prétentieux du coin ou les conséquences de son adoption d’une lupen, un animal réputé maléfique) va l’aider à s’affirmer dans ce monde où les adultes tirent les ficelles. Mais ce serait oublier les autres personnages qui ont tous leurs points forts. Veradis domine également le récit, aux côtés de ce prince dont on doutera longtemps des motivations, et on n’en dira pas plus pour ne pas spoiler mais le cheminement et les doutes de Veradis en font un personnage psychologiquement très fin.

Si le premier tiers du récit peut paraître un peu lent, c’est surtout pour poser l’intrigue, identifier les lieux, les différents royaumes et personnages (qui sont légion comme dans pléthore de romans de high fantasy, et qu’on mettra donc un peu de temps à assimiler). La construction du monde est réussie, l’univers est travaillé et concret : on y trouvera un peu d’ambiance celtique et un petit goût de fin du monde à base de serpents gigantesques venus des temps anciens, d’attaques de géants qu’on pensait avoir vaincus bien des années auparavant, et de pierres sacrées qui se mettent à saigner. Le Haut-Roi Aquilus, convaincu de la véracité de la prophétie, tentera de rallier les différents rois afin d’affronter ensemble les temps à venir, et c’est ce qui déclenchera une réaction politique en chaîne. À partir de quoi l’intrigue décolle et les rebondissements, sacrifices de personnages et autres découvertes font irruption dans le récit qu’on a alors du mal à lâcher. Le cliffhanger final est, lui, une belle réussite.

Malice est donc un roman qui plaira sans doute à tout amateur de fantasy – si vous avez pris plaisir à dévorer Game of Thrones, le Seigneur des Anneaux ou les cycles de Gemmel, vous y trouverez votre compte. L’univers est réussi, les personnages sont très attachants, et cette quadrilogie est extrêmement prometteuse - on attend le tome 2 de pied ferme !

23,00
Conseillé par (Libraire)
30 juin 2022

L’étrange traversée du Saardam est le deuxième roman de Stuart Turton, auteur qui avait marqué les ventes en 2020 avec Les Sept morts d'Evelyn Hardcastle. Pour ceux qui ne s’y seraient pas penchés, Les Sept morts d’Evelyn Hardcastle est un roman à mi-chemin entre le polar et le fantastique, où le personnage principal revit le jour du meurtre à travers les yeux de différents personnages, afin de récolter suffisamment d’indices pour élucider le crime. Si le roman était bien construit, il souffrait néanmoins de quelques côtés pouvant être rédhibitoires pour le lecteur : une (grosse) flopée de personnages et une intrigue non-linéaire qui demande une certaine gymnastique mentale pour qui est non coutumier de l’exercice : essayer de se rappeler sans cesse ce qu’il s’est passé le même jour, au même moment, mais pour un autre personnage dont on a lu la journée 300 pages avant, peut être fatiguant. Avec L’étrange traversée du Saardam, Stuart Turton revient à une narration classique, et le nombre de personnages est plus léger (on pourra toujours se référer à la liste des passagers imprimée sur le rabat du livre si nécessaire).

En 1634, le Saardam quitte Batavia avec à son bord un petit monde hétéroclite : un équipage peu scrupuleux ; un gouverneur, sa femme ainsi que leur fille, génie en puissance ; Samuel Pipps, un détective renommé qui embarque en tant que prisonnier sans que personne ne sache pourquoi, et son ami Hayes, qui se fait un devoir de veiller sur lui ; un prédicateur et sa pupille ; une marchandise mystérieuse qui occupe la moitié de la cale. Ajoutez à cela la perspective d'une traversée éprouvante de plusieurs mois, un lépreux qui, bien qu’on lui ai coupé la langue, proclame avant même l’embarquement que l’expédition est vouée au désastre, un symbole maudit qui apparaît sur la voile alors qu’elle est déployée, une étrange lanterne qui apparaît dans la nuit là où l’océan devrait être vide,… Autant d’éléments qui font monter peu à peu la tension. L’intrigue semble très vite liée à une chasse au démon ayant eu lieu des années auparavant, et l’auteur sème le doute, contrairement à son précédent roman où le fantastique était admis de base : ici, le lecteur, comme les passagers, aura sa propre opinion sur l’origine des évènements étrangers qui ont lieu sur le bateau – un vrai démon est-il à l’œuvre ou est-ce l’un des passagers ? Si oui, comment opère-t-il, et surtout, qui est-ce ?

Le respect de l’époque où se déroule l’histoire n’est sans doute pas total – de l’aveu de l’auteur lui-même, en fin de livre – mais l’immersion est tout de même réussie, que ce soit sur les détails techniques de la traversée ou sur les rapports humains : les passagers sont un microcosme de la société de l’époque, ils subissent des différences de traitement selon leur rang et leurs rapports de force, dans un espace aussi réduit, sont mis en évidence. Les personnages principaux ont tous un caractère bien marqué, loin d’être fades ; certains sont attachants, d’autres détestables, et tous détiennent finalement des petits secrets.

Au final, tout cela se lit tout seul, la montée en puissance de l’intrigue est bien menée, et c’est avec impatience que j’ai attendu la révélation finale, que je n’avais honnêtement pas vue venir. La conclusion est franchement satisfaisante ; ce que Stuart Turton avait tenté avec Evelyn Hardcastle se retrouve ici, mais en mieux ! En somme, un très bon moment de lecture que je vous conseille vivement !

25,00
Conseillé par (Libraire)
9 juin 2022

En France, la publication de la Trilogie des Poudremages n’en est pas à son premier coup d’essai : le tome 1 avait été publié en 2014 dans la collection Eclipse, désormais disparue, et la publication des tomes suivants fut tout bonnement annulée, laissant le lecteur francophone sans la suite. C’est donc une bonne nouvelle que les éditions Leha reprennent la publication complète de la trilogie, avec le second tome prévu pour septembre de cette année.

Après tout, la trilogie a eu son petit succès outre-atlantique, au point de rafler un David Gemmel Award et des retours positifs de la part des lecteurs anglophones. Surtout, le lecteur français est plus que susceptible de se retrouver dans l’univers des Poudremages. Plaçant son intrigue dans le monde certes fictif d’Adro, l’auteur s’est clairement inspiré de la révolution française. Les premières pages donnent le ton : le Maréchal Tamas, après avoir fomenté un coup d’état contre le roi Manhouch avec divers alliés, envoie ensuite tout ce beau monde à la guillotine - le roi, sa famille, et les nobles en général.
Et bien sûr, tout ne s’arrête pas magiquement après l’exécution de tout ce beau monde : il faut ensuite maîtriser un pays en proie à des déchirements internes, ainsi que contrer les possibles attaques des pays frontaliers. L’occasion pour l’auteur de nous balader entre différents points de vue : celui de Tamas bien sûr, Poudremage de son état, une catégorie de personnes capables d’interagir avec la poudre ; celui de son fils Taniel, lancé à la poursuite d’une privilégiée, de puissants magiciens ; celui d’Adamat, un enquêteur chargé par Tamas de résoudre l’énigme d’une prophétie qui évoque ni plus ni moins que la fin du monde et le retour de Dieux sur Terre.
L’univers foisonne, mais avoir repris le point de vue de ces quelques personnages permet une découverte en douceur des différentes subtilités du monde, des rapports de force qui entrent en jeu. Le récit ne manque pas non plus de personnages secondaires attachants – on pensera notamment à Ka-Poel, une rescapée des pays sauvages, énigmatique au possible, qui accompagne Taniel en permanence.
Brian McClellan fait montre d’une belle maîtrise du déroulé de l’intrigue, l’univers et les rapports de force qui le sous-tendent sont réellement convaincants, et les scènes finales, puissantes, sont tout bonnement excellentes. Trilogie oblige, la dernière page nous laisse avec de nombreuses questions, et donc avec une attente qui paraît bien trop longue d’ici le prochain tome. Une belle réussite dont on attend la suite avec impatience !

Lumen

16,00
Conseillé par (Libraire)
12 mai 2022

Olivia est une adolescente qui, abandonnée à la naissance, ne connaît du monde que l’orphelinat où elle a grandi. Muette, elle est aussi capable de voir ce qu’elle appelle des goules – des fantômes en somme. La seule chose qui lui reste de sa mère est un journal, parfois cryptique et constellé de dessins indéchiffrables. Il contient entre autres un conseil : Olivia sera en sécurité tant qu’elle restera éloignée de Gallant. Et alors qu’elle pensait n’avoir aucune famille, voilà qu’elle reçoit une lettre de son oncle qui l’invite à venir vivre avec lui, dans son manoir, qui se nomme Gallant. Ravie toutefois de pouvoir quitter l’orphelinat, Olivia perd vite ses illusions lorsqu’elle reçoit, au manoir, la nouvelle que son oncle est mort ainsi qu’un accueil glacial de la part de son cousin. Elle remarque également que le mur en ruines qui longe le jardin de la propriété semble être au centre de la vie des habitants du manoir...

Gallant est un roman très atmosphérique et très vivant dans ses descriptions – il est de ce point de vue une réussite. Là où l’orphelinat semble toujours voilé d’une brume grisâtre, Gallant et son jardin est longuement décrit comme un endroit coloré – ce jeu de couleurs est d’ailleurs justifié par la suite de l’histoire. L’autre monde, celui de l’autre côté du mur, est par contraste sombre et uniforme. Olivia est un personnage fort et attachant, avec un lourd héritage qu’elle apprendra à comprendre au fur et à mesure de l’histoire, de par ses découvertes et une meilleure compréhension du journal de sa mère - omniprésent au point que plusieurs pages, graphiquement agréables à l’oeil, en soient reproduites dans le livre. Sa capacité à voir les goules, dans un monde en lisière du nôtre, rend l’atmosphère particulière et pesante. Les autres personnages sont réussis, du cousin pour lequel la responsabilité du manoir pèse de plus en plus, au couple de domestiques attachants.

Si la fin est peut-être un peu expéditive, Gallant est un roman qui suivra le lecteur bien après avoir fini le livre.

Kouji Mori

Vega Manga

8,00
Conseillé par (Libraire)
31 mars 2022

Après Suicide Island, manga sur le thème de la survie en milieu naturel, Kouji Mori remet le couvert pour nous servir cette fois un manga toujours sur le thème de la survie, mais à l'époque de Néandertal et de l'homo sapiens.

Taiga et ses amis, tous étudiants en anthropologie, sont en voyage en Australie dans le but de prendre une pause avant la fin de leurs études, et réfléchir par la même occasion au sujet de leur thèse. C'est alors qu'ils font la découverte d'une grotte qui n'est pas référencée sur les cartes de la région, grotte dans laquelle ils vont découvrir des peintures rupestres. Suite à un éboulement, ils vont se retrouver plongés dans un nouveau monde, à plusieurs milliers d'années de leur époque d'origine.

Ils devront se débrouiller pour survivre à la soif et à la faim, mais aussi aux prédateurs, le pire d'entre eux étant l'homme lui même.