France M.

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par (Libraire)
13 octobre 2021

Métal hurlant fut un magazine publié par les Humanoïdes associés entre 1975 et 1987, puis entre 2002 et 2004, et son nom a des allures de référence culte pour tous ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la science-fiction. Les plus jeunes se souviendront peut-être de la série Métal hurlant chronicles, diffusée sur France 4 en 2012 et constituée de 12 épisodes, chacun adaptant une histoire parue dans le magazine. Cette nouvelle fournée, en cette année 2021, nous parvient grâce à un financement participatif qui a crevé les plafonds.

Ce premier numéro est consacré au near future, autrement dit à l’anticipation proche. Le magazine est découpé en deux parties : une série d’articles de spécialistes d’une soixantaine de pages, et un bon gros 200 pages de BD. La répartition aurait pu éventuellement se faire autrement : lire un paquet d’articles portant sur des sujets aussi divers que l’architecture dans l’anticipation, les NFT et une interview de William Gibson, tout ça d’affilée, ce peut être un peu plombant, et alterner BD et articles aurait peut-être pu alléger la lecture. Les articles restent ceci dit intéressants et bien travaillés, et l’on en sortira avec plus d’une référence mise de côté pour de futures lectures, ou visionnages.

La partie BD contient pas moins de 22 histoires, écrites et dessinées aussi bien par des auteurs confirmés (on note la présence de Mathieu Bablet, auteur de Carbone & Silicium) que par des jeunes auteurs. Les nouvelles sont courtes, une dizaine de pages tout au plus, et sont quasiment toujours des histoires à chute.

Évidemment, certaines préférences se font : pour E-ballade, de Merwan et Sandrine Bonini, une randonnée en forêt de Rambouillet à travers le prisme du smartphone (et ça tourne mal) ; pour Ces mains qui nourrissent de Samia Marshy et Lee Lai, qui imagine la privatisation des semences jusqu’au bout ; pour La vie quotidienne de Matt Fraction et Afif Khaled, qui aborde le sujet des violences faites aux femmes mêlé à celui de la domotique ; et pour deux histoires très émouvantes : Replica.I, de Mark Waid et Julien Perron, où une jeune femme incapable de faire son deuil crée une réplique virtuelle et interactive à l’image de sa défunte mère ; et Delete de Sergio Salma et Carole Maurel, qui aborde la possibilité de manipuler sa mémoire pour mieux supporter le deuil d’un enfant. Une grande diversité donc, qui est très appréciable.

On peut néanmoins parler de qualité inégale - je suis sortie de certaines histoires en me demandant tout simplement « Mais qu’est-ce que je viens de lire ? » tandis que d’autres étaient habilement menées pour un nombre de pages aussi court. Mais c’est peut-être là uniquement une question de goût. Un tel foisonnement d’auteurs, de thèmes et de styles différents ne peut tout simplement pas convaincre une personne sur sa totalité, et chacun aura forcément sa préférence, qu’elle soit visuelle ou narrative. Les bonnes surprises restent toutefois majoritaires, et l’ouvrage vaut par conséquent l’investissement.

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