Yv

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Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

18,00
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21 mai 2021

Alors en voyage au Liban et venant tout juste de finir un livre, Denis Langlois se trouve désœuvré. Il cherche un sujet pour un autre livre. C'est alors qu'il repense au Voyage en Orient de Gérard de Nerval et notamment son séjour en 1843 au Liban. Pas le même évidemment, des guerres et des reconstructions l'ont totalement changé. Mais Denis Langlois et Nerval sont sur les mêmes terres. Ce sera donc son nouveau sujet : une relecture du livre de Nerval.

Le gros livre de Nerval c'est Voyage en Orient, que je n'ai pas lu, ce qui ne m'a pas empêché de lire celui de Denis Langlois et de l'apprécier. Ce qui marque dès le début, c'est le tutoiement qu'adopte Denis Langlois et cette façon à la fois familière et respectueuse d'interpeller son sujet. Il ne le ménage pas, lui rappelle ses plagiats : "Le lu et le vécu se mélangent dans ta tête et dans tes pages. Impossible de les démêler. Aujourd'hui, on t'accuserait de contrefaçon, on te traînerait devant les tribunaux. A l'époque, cela se fait couramment. On pique sans vergogne chez son voisin en s'arrangeant pour qu'il ne soit pas trop connu. Il n'empêche que tu es un spécialiste de la fauche, et cela me reste en travers de la gorge. L'auteur de Sylvie plagiaire !" (p.31) L'admiration est toujours là d'où la déception d'autant plus grande.

Une grosse partie du livre de Denis Langlois est consacrée à la relecture de celui de Nerval et la suite concerne le retour en France et les dernières années de sa vie : les crises, les écrits diversement appréciés jusqu'au suicide. Une biographie des dernières années de Gérard de Nerval originale et très intéressante. Enrichissante et bien écrite, il n'est point besoin de connaître les écrits de Nerval pour la lire, c'est mieux de savoir un peu qui il était quand même. Et peut-être même de le (re)lire. Oui, voilà, c'est une bonne idée.

Le silence des horizons
18,00
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6 mai 2021

Beyrouk est prolifique cette année, après son Parias, et c'est tant mieux, car ses textes sont d'une grande beauté. Ils allient poésie, puissance, simplicité. Les images affluent ainsi que les émotions. Un peu comme Parias, ce roman est celui d'un homme qui se pose pas mal de questions sur sa vie, ses actes, ceux de son père et leurs conséquences. Ce roman puise dans différents genres, le policier, le roman d'introspection, le conte, tout cela dans des paysages très présents : le désert et les villes que visite le groupe de touristes.

Beyrouk parle aussi de la société contemporaine qui s'oublie dans des images et du bruit incessants : "Omom savait bien pourtant que cette planète était la plus bruyante de tout l'univers, il savait qu'elle déversait des milliards de décibels dans le grand espace, que la majeure partie de ses habitants ne distinguaient plus les sons qui chaque instant leur détraquaient l'ouïe et l'entendement. Les mauvais djinns leur bouchaient les oreilles pour leur voler leur esprit." (p.110) On ressent à la lecture un besoin à un retour à l'écoute de la nature et d'autrui. Du calme, du silence, du temps pour se reposer "l'ouïe et l'entendement".

C'est un tellement beau texte qu'il procure un peu cela cette sensation de repos, de silence. Y entrer c'est accepter de s'isoler un moment pour en profiter au maximum, de - tenter - de faire abstraction du monde autour, du bruit, juste pour en profiter.

Impact

Casterman

18,00
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6 mai 2021

Deux histoires qui se croisent, celle d'un homme à l'hôpital, en fin de vie, tout juste retraité qui raconte sa vie à un autre homme lui aussi hospitalisé. Celle d'un homme plus jeune qui ne sait pas faire autrement que vivre de larcins qui le mèneront vers la prison sauf s'il accepte de parler à une psychiatre.

Bande dessinée pas très bavarde, des pages entières muettes, d'autres forcément plus parlantes puisque les deux hommes se racontent. Mais ce sont des taiseux. Le scénario de Gilles Rochier est simple et efficace qui fait se rencontrer ces deux histoires là où l'on ne les attend pas. Le dessin de Deloupy est lui aussi simple qui privilégie les personnages. Bref, une très bonne bande dessinée. Une belle histoire d'hommes.

par
6 mai 2021

Huit histoires de Guy de Maupassant sont réunies dans ce petit livre destiné à la jeunesse, mais pas seulement.

- Le papa de Simon : lorsqu'une femme non mariée avait un enfant, elle était vue comme une moins que rien et son enfant souvent malmené. Simon lui, s'invente un papa pour cesser d'être harcelé.

- Le condamné à mort : un condamné à mort dans un tout petit pays, Monaco, qui n'a pas les moyens d'accomplir la sentence, peut peut-être échapper au pire.

- La roche aux guillemots : la chasse aux guillemots commence, comme chaque année près d'Etretat. Cette année, l'un des chasseurs ne semble pas dans son assiette.

- Toine : Toine est un personnage incontournable dans son village, patron de l'auberge, bon vivant mais mal marié.

- Le père Mongilet : lorsque la mode est aux ballades à la campagne, le père Mongilet lui, refuse de quitter Paris. Il l'a fait une fois, il y a plusieurs années et ce souvenir est cuisant.

- Mademoiselle Perle : mais qui est cette demoiselle Perle, sorte de gouvernante chez les Chantal famille que fréquente assidûment Gaston ?

- Ma femme : au cours d'une soirée entre hommes, la discussion arrive sur le mariage, cette corde serrée, sauf pour l'un des convives qui raconte son étrange demande en mariage.

Très bonne idée que de proposer ces textes, parfois raccourcis, aux jeunes qui pourront y trouver tout ce qui est bien dans Maupassant, c'est-à-dire tout. Léger, badin parfois, moqueur, ironique et drôle. Il suffit d'un tout petit grain de sable pour qu'une histoire a priori banale ne change d'aspect. Sans doute, pour moi, l'un des auteurs classiques les plus aisés à faire lire, c'est abordable, simple comme les gens qu'il décrit. A mettre dans la bibliothèque des jeunes gens...

CHARLY 9

Delcourt

17,95
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6 mai 2021

Août 1572, le roi Charles IX tente de résister aux demandes de sa mère, Catherine de Médicis et de ses conseillers qui veulent massacrer les huguenots présents à Paris pour le mariage de Marguerite de Valois avec Henri de Navarre.

A bout de résistance et d'arguments, le roi finit par céder et ordonne ce qui deviendra le massacre de la saint Barthélémy. Il ne parvient pas à s'en remettre et sombre bientôt dans la folie.

Bande dessinée tirée du roman du même titre de Jean Teulé -j'aurais pu dire éponyme, ça aurait fait bien- que je n'ai pas lu -autant j'aime écouter le romancier, autant j'ai du mal à le lire. On y trouve tout ce qui fait le succès de Jean Teulé : langage enlevé, argotique, oral, virtuose du genre, réparties cinglantes et un mouvement permanent. Ses romans sont des livres d'action. La BD de Richard Guérineau itou. Assez sombre et puis très rouge, puisque le sang devient omniprésent. Elle décrit la folie du roi, la guerre de religion et de pouvoir. Les ambitions, les jalousies, les manigances, les vacheries...

C'est un genre qui peut rebuter les historiens ou les pointilleux voire les amateurs de belles phrases qui eussent aimé me voir user du terme éponyme au début, mais qui permet aussi d'intéresser à l'histoire des moins passionnés, la gouaille et le ton direct de Jean Teulé le permettent déjà dans ses romans, la bande dessinée ouvre encore des horizons.