Conseils de lecture

15,50
par (Libraire)
1 juin 2016

Cette histoire est celle d’un fils émerveillé par le couple que forment ses parents dansant sur la chanson « Mister Bojangles » de Nina SIMONE. Dans ce couple, il n’y a de place que pour la fête perpétuelle, le plaisir, la fantaisie et les amis. Ainsi le père s’invente des personnages un peu décalés pour gagner les cœurs de son auditoire comme cet exercice de mythomanie désopilant : j’étais cette fois-ci le fils d’un riche industriel américain qui détenait des usines de construction automobile à DETROIT. J’avais corsé l’affaire en m’affublant d’un autisme profond qui m’avait fait rester muet jusqu’à l’âge de 7 ans. Mais quel fut votre premier mot s’exclama une convive ? PNEU lui répondis-je avec sérieux. Ahhhh, c’est pourquoi vous avez monté des garages !!!!!!!

Et puis il y a la mère, extravagante, loufoque, imprévisible qui change tout les jours de prénom en fonction du calendrier des saints. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille : Mademoiselle Superfétatoire un grand oiseau exotique ramené de Numidie , Superfétatoire car elle ne sert à rien …….

Alors le fils est entraîné dans ce tourbillon. A l’école il est obligé de mentir à l’envers car ni la maîtresse, ni ses camarades de classe ne croient en l’histoire de sa vie de famille et, rentré chez lui, il doit mentir à l’endroit. Et comme par ailleurs il est gaucher, il écrit en miroir c'est-à-dire en écriture inversée.

La mère finit un jour par « dérailler ». La 2ème partie du livre est un peu plus triste mais reste un véritable chant d’amour toujours aussi fou pour que la fête continue coûte que coûte

Ce livre a été mon super coup de cœur du printemps. J’ai été totalement bluffée. C’est extravagant, inattendu. Un vrai plaisir d’une lecture dans laquelle j’ai chaviré ou mieux chaloupé avec en fonds sonore la musique de tango d’Astor PIAZZOLA et la chanson de Nina SIMONE

Un premier roman, véritable coup de maître………à lire impérativement


Au Diable Vauvert

12,50
par (Libraire)
19 novembre 2015

Pour justifier le temps infini qu'il a pris à aller acheter le lait pour le petit-déjeuner, un père raconte à ses enfants les aventures qu'il a vécues en revenant des courses : d'abord enlevé par des extraterrestres qui rêvent de redécorer la planète, il rencontre ensuite un stégosaure (inventeur de la montgolfière, et de la machine à remonter le temps), se fait capturer par des pirates, rencontre des poneys à la robe bleue constellée d'étoiles jaunes…

"Par bonheur le lait…" est une histoire courte écrite pour rendre justice à la figure du père, quelque peu malmenée dans l'album "Le jour où j'ai échangé mon père contre deux poissons rouges", du même auteur. C'est finalement une histoire typique de Neil Gaiman : loufoque, sans queue ni tête, et surtout pleine d'humour.

À noter que le livre est illustré par Boulet pour la version française, ce qui n'en rend sa lecture que plus agréable.


Histoires extraordinaires et sources d'étonnement

Delcourt

19,99
par (Libraire)
5 novembre 2015

Axolot est avant tout un site web ainsi qu'une chaîne Youtube. Le principe : faire découvrir des faits incongrus mais véridiques, qu'ils soient historiques ou scientifiques.

Et cet album restitue parfaitement cet esprit. La plupart des histoires sont racontées sous forme de BD (d'auteurs différents, parmi lesquels on notera la présence de Boulet). Les récits indépendants alternent avec des thèmes répartis tout au long de l'ouvrage ( cinq arbres hors du commun, les manières dont notre cerveau nous manipule…). Chaque histoire se termine par une note de l'auteur, rapportant brièvement l'histoire au sens brut.
D'autres planches agrémentent l'album, du bestiaire fantastique au « cabinet de curiosités », qui recense en quelques lignes d'autres faits incroyables.

Les crises (toujours inexpliquées) de danse collective, l’île des poupées au Mexique, la paralysie du sommeil… Au final, des dizaines de faits et de sujets, frôlant le fantastique et pourtant bien réels, sont à découvrir dans cet album. On attend le second, prévu le 12 de ce mois, avec impatience !


7,10
par (Libraire)
8 octobre 2015

Des morts en sursis avec qui l'on peut encore communiquer, un monde ultra-capitaliste où il faut payer pour tout, y compris pour ouvrir la porte d'entrée de son appartement, et ces personnes dotées de pouvoirs psioniques (télépathes, précognitifs) à qui s'opposent les « anti-psis », capables d'annuler les talents des psis : c'est le monde d'Ubik.

Joe Chip, le personnage principal, travaille pour Glen Runciter, dirigeant d'une entreprise qui engage ces « anti-psis ». Il est envoyé, lui, son patron et toute une équipe en mission sur la Lune, où l'on soupçonne qu'une entreprise a été infiltrée par des psis. Le tout se révèle un piège, agrémenté d'un attentat. L'équipe fuit la planète en emportant leur patron mourant. Et c'est là que tout dégénère autour d'eux : la navette, âgée de quelques années, comporte des éléments datant de plus de dix ans ; le café qu'on leur sert sur Terre est moisi comme s'il datait de plusieurs années ; les appareils technologiques de la maison de Joe se transforment peu à peu en matériel désuet ; il entend la voix de son patron mourant au téléphone, et découvre que son visage apparaît sur les pièces et les billets de banque… L'histoire nous emmène de suppositions en suppositions à travers un monde profondément troublant.
Philip K Dick est un monument parmi les auteurs de science-fiction. Blade Runner, Total Recall, Minority report, A scanner darkly,… on ne compte plus les films adaptés de ses œuvres. Ubik fait partie de ses livres les plus encensés par la critique, et à raison. On y retrouve les thèmes favoris de l'auteur (les mondes parallèles, les pouvoirs psioniques, la critique de la politique, des thèmes religieux et mystiques), ses interrogations (« Qu'est-ce que la réalité ? »), le tout dans un style impeccable. Ubik est probablement l'un des plus aboutis des romans de l'auteur. À lire absolument.


Folio

9,20
par (Libraire)
30 août 2015

Rêve de fer est avant tout un livre dans le livre : passée l'introduction, on trouve la page de titre du livre Le seigneur du Svastika, livre qu'aurait écrit Hitler si, écœuré par la défaite allemande de 1918, il avait émigré aux États-Unis et y était devenu un écrivain de SF à succès.

Le livre est difficile à lire, non pas parce qu'il est mauvais, mais parce que l'auteur a très bien su se placer dans la tête d'Hitler. On assiste à des descriptions à n'en plus finir de défilés de SS, flamboyants dans leurs uniformes de cuir, ainsi que de batailles sanglantes, écœurantes, mais qui semblent délectables pour le personnage principal dont on suit le point de vue à la première personne. On ne compte pas non plus le nombre de fois où le mot « pur » et ses dérivés apparaissent.
Le scénario en lui-même tient bien de la SF : le monde est un univers alternatif, où, au début de l'histoire, l'essence est rare et la meilleure technologie reste la machine à vapeur ; l'ennemi est ici une peuplade de mutants et de « Doms », créatures capables de soumettre à leur volonté les personnes proches d'eux. On fera les analogies qu'on voudra. Plus loin dans le roman, la folie prend le pas dans la rédaction, et on part dans des délires de clonage et autres avancées technologiques encore (presque) impensables à notre époque.
Pour conclure le livre, une (fausse) postface explique ce qu'est vraiment le monde dans lequel a été écrit le roman, ainsi que la vie de l'auteur. Elle est finalement la véritable chute de l'histoire, et rien que pour en arriver à ce passage, la lecture vaut le coup.

Ce livre est laborieux à lire et laisse derrière lui un gros malaise, mais il est avant tout une dénonciation du nazisme. On en sort retourné, écœuré, et c'est justement le but voulu. Roland Wagner, dans sa (réelle) introduction, le dit très bien lui-même : il agit comme un vaccin et permet de prendre conscience du terrifiant lavage de cerveau et de cette épouvantable implantation de mèmes de haine qui ont eu lieu en Allemagne.