Adèle et moi, roman

Julie Wolkenstein

P.O.L.

  • 3 juillet 2013

    Coup de coeur

    De nombreux personnages nous touchent dans ce roman, Pauline, l'enfant puis la femme qu'on néglige, mais aussi cette grand-tante que rencontre la narratrice et qui lui dit:
    "C'est incroyable cette manie qu'ont les gens de vouloir écrire, moi, lire, ça me suffit amplement."
    Et plus que tout, les phrases de l'auteure, sa façon de jouer avec et d'analyser les textes : ce qu'elle fait de la chanson "Sur le pont du nord", qui devient une terrible menace pour Adèle car il contient son prénom, son écriture d'une scène à la manière de la comtesse de Ségur (et la démonstration que ce style laisse de côté l'essentiel, le non-dit) et l'apothéose avec "Le dormeur du val" entrecoupé des pensées d'Adéle, pour moi le plus beau moment du roman.

    N'oublions pas non plus l'humour car il y a en beaucoup, comme le fait de mettre dans la même balance la virginité et n'avoir jamais vu la mer ou comme ces simples phrases:
    "La conduite à tenir dans une palombière en cas d'infarctus en présence de gens de monde n'est pas codifiée dans les manuel de savoir-vivre (ni dans les manuels qui ont trait à la chasse d'ailleurs)."
    Ce roman m'a charmée même si j'ai un petit bémol pour les cinquantaine dernières pages qui m'ont moins enthousiasmée mais ce n'est vraiment rien comparé au plaisir que j'ai éprouvé à lire "Adèle et moi". Et j'ai pris conscience que j'aimais beaucoup les histoires racontées au futur, ou en tout cas la manière dont l'auteure raconte l'histoire d'Adèle en utilisant parfois le futur. Je remercie le "Prix des lectrices de Elle" car sans lui, je serais passée à côté de ce bijou normand.


  • 19 mai 2013

    En vidant l'appartement de son père décédé, la narratrice tombe par hasard sur quelques pages écrites par sa tante Odette qui évoque succinctement la vie de son arrière grand-mère Adèle Armand-Duval. Son père lui avait très peu parlé de cette aïeule, aussi a-t-elle envie d'en savoir plus sur cette femme d'un autre siècle avec laquelle elle se sent des affinités. Commence alors un voyage dans le temps, sur les traces d'Adèle, son enfance, son mariage, ses enfants, ses maisons, ses joies, ses peines, pour découvrir une femme indépendante, une bâtisseuse, une amoureuse, une mère, et avec elle apparaît le secret de famille qui a pesé sur sa vie. Au fil de ses découvertes, la narratrice entrevoit la possibilité que naisse un livre où elle écrirait ce qu'elle sait et laisserait son imagination remplir les vides.


    Elle a connu trois guerres, s'est retrouvée orpheline très jeune, a perdu trois de ses quatre enfants, a subi la honte d'une origine suspecte, mais Adèle a tout de même eu une vie heureuse. Elle était riche, elle a fait un mariage d'amour, elle a mené sa barque à sa guise. C'est cette femme moderne et volontaire qui est le centre de ce beau roman de Julie WOLKENSTEIN. Mais c'est aussi une histoire familiale, ce qui se transmet, ce qui perdure et ce qui se perd au fil des générations, avec comme un coeur qui bat au rythme des naissances et des décès, des arrivées et des départs, la maison familiale qui domine St-Pair sur la côte normande. Lieux des paisibles étés en famille, ancrage immuable, cette bâtisse battue par les vents a vu grandir les enfants Armand-Duval. Depuis Adèle, le village de pêcheur a changé bien sûr, mais ses descendants ont reçu en héritage l'amour de ce petit coin de Normandie et ils continuent à y passer leurs étés. Si l'héritage s'est dilué au fil des successions, si la famille ne trouve plus place dans la grande bourgeoisie, St-Pair reste le lien qui unit les enfants d'aujourd'hui à leur aïeule du XIXè siècle.
    Un roman long mais passionnant qui mêle faits réels et imagination créatrice pour une histoire sensible qu'on referme avec la tristesse de quitter cette Adèle qu'on a appris à connaitre et à aimer.


  • par
    27 février 2013

    Un air de famille

    À la mort de son père, la narratrice découvre dans les papiers de ce dernier, un petit texte, à peine une biographie, de son arrière-grand-mère Adèle.
    Désireuse d'en savoir plus, sur cette femme d'un autre siècle, la narratrice se plonge alors dans l'histoire de sa famille. Une famille jusqu'à lors ignorée.
    La jeune femme se découvre alors de nombreuses similitudes avec son aïeule dont notamment une passion pour la maison familiale au bord de la mer.
    De cette quête va resurgir des secrets de famille et des déchirures. Si Adèle a eu une longue et heureuse vie, elle aura tout de même enterré trois de ses quatre enfants, son mari et même une petite fille.
    Mais c'est une femme forte et moderne que dévoile ce très beau roman.

    Un très beau roman sur la quête d'identité et sur ce qui fonde une famille. En reposant ce livre, on a qu'une envie, visiter les lieux que décrit l'auteur avec tant de passion. Une écriture toute simple mais qui fait mouche comme je les aime et qui nous prend même paR surprise parfois car tout ce que nous conte la narratrice est-il bien vrai au final.

    Un grand merci au Dialogues croisés, fournisseur de belles découvertes.


  • par (Libraire)
    21 février 2013

    Portraits de femmes

    Un très beau roman qui se passe au bord de la mer, quelque part dans le Cotentin. C'est une écriture très classique, très belle... enfin bref, j'adore Julie Wolkenstein, j'adhère complètement à son univers. J'avais lu le précédent et ne suis pas déçue par celui-ci.