K-Cendres

Mr Tan

Sarbacane

  • par (Libraire)
    14 août 2013

    La Fille qui rêvait de l’avenir et de musique

    "A 14 ans, Alexandra n’a plus d’horizon. Enfermée dans la cellule capitonnée d’un hôpital psychiatrique, elle ressasse inlassablement les mêmes visions tragiques de l’avenir, photographies torturées que les psychiatres etouffent sous les médicaments. Dix ans plus tard, sur la scène du Zénith de Paris, Alexandra est devenu K-Cendres, rappeuse star aux millions de disques vendus. Véritable phénomène de société, elle défraie la chronique à chaque prestation, déclamant des textes où l’avenir n’est fait que de morts et de souffrance".

    Après Je reviens de mourir, premier roman remarqué autant par le talent dont il témoignait que la polémique qui suscita puis Laisse brûler en 2010 qui confirmait les attentes des lecteurs sur un mode toujours frondeur et rétif, Antoine Dole sort son troisième roman : K-Cendres. Si l’on ne peut parler véritablement d’un virage stylistique ou thématique, K-Cendres est certainement le roman le plus "abordable" de son auteur. Il existe beaucoup de façons d’entrer dans le texte, le plus simple est sans doute de revenir à Fly Girls : Histoire(s) du hip-hop féminin en France, publié Au Diable Vauvert en 2010. Co-écrit avec Sté Strausz, ce recueil dressait le portrait éclaté de toute une génération de rappeuses françaises, un kaléidoscope de destins auxquels le personnage de K-Cendres doit probablement beaucoup.

    K-Cendres ne se contente pas d’être une relecture branchée du mythe de Cassandre. Evidemment, la malédiction du pouvoir prophétique de l’artiste donne au roman sa trajectoire, terrible crescendo en forme de ruban de Möbius. A l’instar d’autres personnages de l’auteur, sortes de dieux amnésiques égarés dans le quotidien, Alexandra alias K-Cendres est enfermée dans un rôle, écrasée par son élection.

    Mais l’intérêt de K-Cendres est à trouver en marge.

    Dans sa façon curieuse de rentrer en écho avec l’actualité récente et en particulier le décès d’Amy Winehouse (que cite opportunément la 4eme de couverture). Le roman peut en effet se lire comme une biographie imaginaire des derniers jours de la chanteuse de soul. C’est d’ailleurs autour de cet enjeu post-narratif que se joue d’une certaine manière l’adhésion ou pas du lecteur. K-Cendres divisera son public comme Amy divisa ceux qui la virent sortir de scène en titubant. Car de la rappeuse le lecteur en apprendra peu et devra se contenter pour s’en approcher des moments précieux qui la confrontent à son garde du corps/golem Marcus, échanges qui donnent au roman ses pages les plus poignantes.

    K-Cendres est enfin, sinon avant tout, une forme d’autoportrait de l’auteur, une variation sur l’acte d’écrire : acte tour à tour cathartique et enfermant. C’est d’ailleurs dans la très belle bonus track (texte lu en live au Centre Culturel de la Goute d’Or en janvier 2009) que l’effet de miroir du dernier chapitre prend tout son sens : "Alors oui, je plaide coupable, mais pour les aveux il faudra attendre, car sur tous mes crimes il y a un livre auquel s’attendre". Tant mieux.


  • par
    11 février 2012

    K-cendres n'est pas une rappeuse comme les autres. Ses textes ne sont pas anodins et annoncent des prophéties. Il faut dire que la jeune femme n'a pas une carrière des plus banales. Il y a encore 10 ans, elle était enfermée dans un hôpital psychiatrique ou les médecins ont tenté de la guérir grâce à la musique.

    Dès les premières lignes, l'écriture m'a quelque peu embêté. J'ai eu beaucoup de difficultés à avancer du coup dans la lecture. Mais à vrai dire ni l'histoire ni le style ne m'ont séduit. Je suis d'ailleurs assez déçue car j'avais lu de très bonne critiques.