L'espace d'un an (Les Voyageurs, Tome 1)

Becky Chambers

Le Livre de poche

  • 3 janvier 2021

    Amoureux de SF : à lire au plus vite

    Si la couverture est attrayante, la quatrième de couverture me donnait plus l'impression d'un light SF, mais soit, pourquoi ne pas se laisser tenter !
    Et l'aventure en valait la chandelle ! C'est mon coup de cœur de cette année 2020 en SF.
    Alors, L'Espace d'un an est un space opera en grande pompe avec planètes, stations, voyages interstellaires, espèces aliens (aussi nommées intell). C'est aussi un intéressant huis-clos dans le Voyageur, qui n'est pas sans rappeler les bons jours avec le Rossinante...
    La plume de Chambers est fluide, pas de superflu mais donne toujours assez pour nourrir l'imagination. Je pense qu'il y a un beau travail de traduction de Marie Surgers derrière également.
    Les trames scénaristiques sont diverses : avec parfois des accents de thrillers ou de blockbusters, on trouve surtout les thèmes de la romance, du voyage spatial, des enjeux scientifiques, des rencontres avec d'autres peuples intell.
    Évidemment, le cœur de ce livre c'est sa dimension "positive", et là encore, c'est largement à la hauteur des critiques. Le livre est une ode à l'altérité. Les espèces aliens de cet équipage et rencontrées sont hautes en couleurs, en histoire, ont leurs modèles de société et leurs motivations distinctes. Le livre replace l'espèce humaine dans une place qui n'est pas ethnocentrée et ça fait du bien. Pour ceux qui sont férus d'interrogation sur la vie extraterrestre, le principe de grand filtre est un bon marqueur ici.
    Les rapports entre les membres du Voyageur sont teintés de bienveillance (allez, quasi tous) et on a l'impression de voyager avec une grande famille, étrange, diversifiée, mais tout de même.
    J'aime la place accordée aux histoires des uns et des autres : en tant que vie du personnage mais aussi comme support pour comprendre telle ou telle espèce.
    Bref, un vrai souffle de bien-être ce roman. Totalement recommandé !
    Un peu de frustration parce que Chambers ne reprend pas les personnages, ni la trame développée ici dans ses livres suivants.